La plupart des coureurs ont eu la même pensée au milieu d'un bloc d'entraînement : « Si vous travaillez plus, vous verrez les résultats. »
Pour certains coureurs, cela signifie tenter de courir un marathon en moins de 5 heures, ou en moins de 4 heures. Pour d'autres, il peut s'agir de passer sous la barre des 3 heures. Mais pour le marathonien et créateur de contenu Hugo Fry, cette curiosité s'est transformée en une progression bien plus importante.
En quelques années seulement, Hugo est passé d'un marathon en 3 h 30 min pendant le confinement à un record personnel de 2 h 17 min, en courant 63 minutes au semi-marathon de Barcelone, en gérant les blessures et même en battant un Record du monde Guinness déguisé en Père Noël.
Dans cet épisode du podcast Runna, l'athlète Runna Anya s'entretient avec Hugo pour décortiquer ce à quoi ressemblait réellement cette progression : le volume d'entraînement, les changements d'état d'esprit, les blessures et les leçons apprises sur la façon d'améliorer votre temps de marathon sans vous épuiser.
Pourquoi travailler plus ne signifie pas toujours de meilleurs résultats
La mince frontière entre l'ambition et l'obsession dans un bloc de marathon
À quoi ressemblait réellement le passage de 2 h 52 min à 2 h 17 min
Le changement d'état d'esprit qui a permis une année décisive
Pourquoi une bonne alimentation peut transformer vos séances et le jour de la course
La puissance de la « confiance en soi délirante »
Hugo prend sa performance au sérieux, mais ne se prend jamais trop au sérieux.
Et son parcours offre un aperçu étonnamment accessible de l'entraînement de marathon d'élite, venant de quelqu'un qui n'était pas un prodige au départ.
Quand le Progrès devient une addiction
L'un des thèmes abordés au début de la conversation est la raison pour laquelle les coureurs sont accros à l'amélioration.
Dans la plupart des aspects de la vie, le progrès est vague. Vous travaillez dur, vous essayez d'acquérir de nouvelles compétences, vous développez des relations, mais il peut être difficile de mesurer si vous vous améliorez réellement.
Hugo pense que la course à pied est différente. Vous augmentez votre volume d'entraînement, récupérez bien et vous entraînez régulièrement, et soudain votre montre affiche des temps intermédiaires plus rapides ou un nouveau RP. Bien sûr, les progrès en matière de condition physique sont rarement linéaires, parfois vous tentez votre chance et échouez, mais ces efforts sont des gains progressifs et indéniables à ses yeux.
Hugo explique comment le fait de voir ses temps diminuer progressivement, de ses premières tentatives de marathon à la poursuite d'un temps inférieur à 2 h 20 min, est devenu une source de motivation profonde. L'amélioration était palpable. Juste. Directement lié au travail qu'il fournissait.
Mais cette clarté crée également une tension que de nombreux coureurs reconnaissent. Si les progrès font tant de bien… quelle quantité de travail est suffisante ? Quand cela s'arrête-t-il ? Et à quel moment la recherche d'amélioration bascule-t-elle dans l'obsession ?
« Vous voyez simplement vos temps diminuer peu à peu… et cela devient vraiment addictif. »
L'approche « Tout Inclus »
Lorsque les gens cherchent comment courir un marathon plus vite, ils s'attendent souvent à un entraînement secret ou à une chaussure de course à plaque de carbone miracle qui leur permettra d'atteindre ce temps plus rapide.
La réalité, comme l'explique Hugo, est bien moins glamour. Pour lui, le facteur le plus important de sa progression a simplement été le volume d'entraînement de marathon régulier, et l'augmentation de son kilométrage en toute sécurité pour son niveau d'entraînement relatif.
Il lui arrivait parfois d'atteindre 175 km par semaine pendant les périodes de pointe.
Un tel kilométrage change vraiment la façon dont vous structurez votre vie ! Le sommeil devient non négociable. Le ravitaillement, c'est important. Les sorties nocturnes deviennent moins fréquentes. La récupération fait partie intégrante de l'entraînement. Sans parler de toutes les chaussures de course que vous usez.
Hugo est également d'une honnêteté rafraîchissante à propos d'une chose avec laquelle de nombreux coureurs sont aux prises : l'équilibre pendant un bloc de marathon n'est pas toujours parfait. Lorsque vous visez un grand objectif de course, il y a des périodes où l'entraînement prend naturellement le dessus. L'essentiel est que ce soit intentionnel et limité dans le temps.
« Je ne pense pas que l'on puisse être équilibré si l'on veut vraiment atteindre un objectif. Dans un bloquer de marathon… vous ne pouvez pas tout avoir. Les gens vous traitent d'obsédé… , puis vous faites quelque chose… et ils se disent : « Comment avez-vous fait ? »
Et après une série de blessures et de fractures de stress, Hugo a réalisé une autre chose importante : s'entraîner plus dur n'était pas toujours la solution. Travailler avec un coach l'a aidé à affiner sa structure d'entraînement pour le marathon, en y ajoutant une intensité plus ciblée, une récupération plus intelligente, et une responsabilisation personnelle.
Le résultat ? Il a commencé à réaliser des RP sur toutes les distances de ses courses. Ce fut l'un de ces moments où il a réalisé que la meilleure façon de progresser vers ses objectifs était de travailler plus intelligemment, plutôt que de simplement persévérer et de travailler de plus en plus dur.
L'état d'esprit marathon qui a tout changé
Un moment que Hugo décrit à propos de la course illustre parfaitement l'aspect mental du marathon.
Vers le 32e km d'un marathon, là où la fatigue commence vraiment à se faire sentir, il se dit une chose simple : « Il suffit d'une bonne journée. »
Pas une préparation parfaite. Pas d'entraînements parfaits chaque semaine. Un seul jour où vous restez concentré, faites confiance à votre entraînement et continuez d'avancer quand la douleur se fait sentir.
Cette conviction l'a mené à un temps de 2 h 17 min au California International Marathon, après une saison marquée par des courses frustrantes, des performances affectées par la chaleur et des revers qui auraient facilement pu ébranler sa confiance.
C'est un rappel que l'état d'esprit de l'entraînement pour un marathon est tout aussi important que le kilométrage.
La régularité développe la condition physique. Et les « niveaux délirants de confiance en soi », comme l'appelle Hugo Fry, vous portent sur les derniers kilomètres.
Pourquoi l'alimentation est plus importante que la plupart des coureurs ne le pensent
Un autre thème étonnamment pratique de l'épisode est la stratégie de ravitaillement pour le marathon.
Hugo explique comment bien s'alimenter pour les séances, une chose que beaucoup de coureurs négligent, a complètement changé la qualité de ses entraînements.
Plus de glucides et une meilleure récupération. Parfois, cela signifiait manger ce qu'il décrit en plaisantant comme une « quantité suspecte » de riz.
Mais derrière l'humour se cache une véritable leçon : une bonne alimentation vous permet de vous entraîner plus dur et de mieux récupérer, deux éléments essentiels pour quiconque cherche à améliorer sa performance au marathon.
Cet épisode s'adresse à tous ceux qui veulent prendre leur entraînement au sérieux sans perdre le plaisir, et à tous ceux qui sont réellement passionnés par l'amélioration.
Regardez ou écoutez l'épisode complet pour savoir comment Hugo aborde Boston, ce que 2 h 15 min signifierait et si le riz est vraiment non négociable.
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